Un livre pour en finir avec cette mauvaise habitude. 14,90 euros.

Editions Eyrolles

Photo:

Ça fait des heures que je brique l’appartement. Quand harassée, je demande un coup de main à Jules, lui rappelant au passage qu’il ne s’y colle pas souvent, Môssieur, alors sur son ordinateur, monte dans les tours en un quart de seconde, m’expliquant agacé, que lui aussi est occupé. Hum… j’aimerais être occupée comme ça…

Christine Lewicki, coach, conférencière, formatrice, auteur de J’arrête de râler !, éditions Eyrolles et fondatrice du blog du même nom, décrypte en trois points ces pénibles moments de solitude.

► Ce qui se passe
« Au boulot, à la maison, on a des demandes pour boucler un dossier, respecter un délai, savoir qui vient dîner, ou pour ranger la maison. S’il est normal d’avoir ce type d’échanges, les femmes souffrent parfois d’être perçues comme des mégères de service, notamment en cas de conflit. Bien que les demandes soient liées à des besoins d’aide, de soutien, de reconnaissance, d’ordre, de calme… il arrive pourtant que les interlocuteurs partent au quart de tour. Le conflit vient du fait que l’on utilise une stratégie pour aller vers l’autre qui ne marche pas ! À savoir que la manière de demander provoque en fait l’effet opposé. Elle amène la personne soit à prendre la fuite en partant de la pièce par exemple, soit à attaquer, rappelant que ses priorités ne sont pas celles du demandeur », explique Christine Lewicki. Ah ça, j’ai bien compris que vider le lave-vaisselle n’était jamais la priorité de mon Jules. Pas plus que de descendre la poubelle.

► Ce que l’on ressent
« Quand la demande ne produit aucune action, la personne demandeuse peut décider de se débrouiller seule parce qu’il est alors plus simple de gérer le problème que les gens susceptibles de l’aider. Ce sont la frustration et l’agacement qui dominent de part et d’autre. Dans les faits, même si l’on a pris des pincettes pour adoucir la forme, le fond, lui, repose sur une position coupable de l’autre ou sur le fait de le contraindre à obéir. Souvent les deux. Et nos historiques personnels, nos combats servent de déclencheurs au conflit, particulièrement quand la demande titille notre sensibilité, comme d’être enfermé dans un cliché », précise-t-elle. Je n’ai pas dû mettre assez de pincettes quand j’ai demandé au peintre de respecter les délais pour finir ma cuisine.

► Comment s’en sortir
« L’idée est d’exprimer son besoin mais à aucun moment l’autre ne doit se sentir coupable de quoi que ce soit. Concrètement, on utilise le je, car prononcer tu, c’est enclencher la mécanique du conflit. On décrit la situation qui ne convient pas et on formule une demande. Il faut accepter que l’autre puisse dire non. S’il le fait, c’est qu’il a aussi un besoin. Et qu’y répondre serait nier un des siens. D’où le clash. Dans une relation parent-enfant, ou dans un rapport hiérarchique, la donne change car on peut tout à fait utiliser la carte de l’obéissance. L’écueil est qu’il faudra systématiquement ressentir le bâton de l’obéissance. Alors que sortir du « qui a raison, qui a tort » et inspirer l’autre à adhérer à son besoin sans le culpabiliser permet de sortir de l’automatisme de le faire plier par la force, sans laquelle on n’aurait rien obtenu », conclut la fondatrice du blog jarretederaler.com. La mécanique du conflit…. Jules sait très bien la mettre en route tout seul !

À LIRE AUSSI
>> Pourquoi les enfants obéissent-ils plus ailleurs qu’à la maison ?
>> Retrouvez tous nos « Pourquoi ? »