Question de lecteur

27 Oct

« J’ai un peu de mal à situer la frontière entre “je râle pour dire ce que je pense” et “j’exprime mon opinion sans me laisser faire”

Si vous vous exprimez:
– En étant victime de la situation et en cherchant un coupable
– En ruminant (votre ton)
– En n’ayant pas le mot juste (vous exagérez, amplifiez vos propos avec des ”toujours”… “jamais”…)

Alors vous râlez !

Il faut bien prendre conscience que quand vous exprimez votre opinion en râlant vous ne pourrez obtenir que 2 types de réponses de votre interlocuteur:

– Soit, il va chercher à se boucher les oreilles (ou mettre un filtre entre ce que vous dites et lui-même) car vous le « saoulez »

– Soit,  il va chercher à se défendre car vous « l’attaquez  » – « il est coupable, vous êtes victime »

Si vous doutez de cela, posez-vous la question: quelle est VOTRE réaction quand quelqu’un vous râle dessus ?

Quand vous exprimez votre opinion en râlant (pour ne pas vous laisser faire), vous essayez de satisfaire un de vos besoins précieux mais vous utilisez une stratégie (la râlerie) qui ne peut pas porter ses fruits.

Par contre arrêter de râler ne veut absolument pas dire tout accepter bien au contraire.
Vous pouvez tout à fait poser une limite :

  • En vous adressant directement à la personne concernée (on évite les potins)
  • En décrivant la situation qui ne vous convient pas telle qu’elle est, sans exagérer.
  • En parlant en mode « je » (sans utiliser le « Tu » accusateur qui « tue » le potentiel de la conversation)
  • En exprimant le besoin qui n’est pas satisfait
  • En faisant une demande claire « la prochaine fois est-ce qu’il sera possible de… »
  • En validant lorsque la personne accepte. Et si elle n’accepte pas alors vous pouvez comprendre son point de vue (qui est aussi valide que le votre) et chercher un accord avec elle.

Je vous conseille si vous le pouvez de suivre une formation sur la communication non-violente.

Love and Respect,

Christine Lewicki

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6 Réponses to “Question de lecteur”

  1. OLIVIER novembre 3, 2015 à 10:02 #

    Je suis consciente que « Râler » fait parti de mon quoditien : dans le cadre de mon travail souvent pour obtenir de la part de différents organismes ou/et sociétés, personnes et très régulièrement soit le travail n’est pas effectué ou erroné ou documents non reçus en heure et en temps. Pour l’obtenir, je dois constamment réclamer, téléphoner plusieurs fois, envoyer des MAILS etc… Donc je râle après tous ces gens. Pour moi, ils ne font pas leur travail correctement et cela génère de lourdes conséquences dans mon entreprise. Ce genre de situation s’est multiplié au fil des années. Cela est très pénible, fatiguant, stressant. Et si je ne dis rien personne ne bouge. Tout le monde s’en fout. Ayant l’habitude de régler les problèmes rapidement, je suis donc tributaire de personnes non consciencieuses. Donc je râle… Comment faire dans ces situations ?

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  2. boursier novembre 14, 2012 à 7:44 #

    Bonsoir,
    Je suis une maman de 2 enfants de 7 ans et 5 ans et demi et j’ai lu ton livre à maintes reprises. Depuis j’ai appliqué pas mal de tes conseils qui ont fait écho à beaucoup de mes lectures sur la communication non violente ainsi que des ateliers parents auxquels j’ai pu participer. Depuis une semaine, j’ai décidé de me lancer dans ce challenge. Je me suis aperçu de râles que je fais et que jusqu’alors je n’avais pas perçu. Par contre, est ce que je râle quand je dis à mes enfants sur un ton exigent « Perrine range ton manteau s’il te plaît » c’est un ordre mais j’avoue que comme mon ton est exigent et ne laisse pas forcément le choix…..dans les ateliers parents on nous conseillait d’observer et de décrire la situation mais j’avoue que je n’ai pas toujours ce réflexe. Pareil est ce que dire à l’enfant « c’est comme ça point final » c’est râler. j’avoue que parfois je n’ai pas envie de discuter et ça ne me convient pas non plus vraiment d’avoir ce type de réponse car j’ai l’impression de manquer d’ouverture.
    Merci christine pour tes conseils qui me permettront de me remettre sur le chemin.
    cordialement.
    Cécile

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  3. Sev novembre 7, 2012 à 6:56 #

    Bonjour!
    J’ai commencé à lire votre livre dans une librairie et n’ai plus pu le lâcher!
    Je trouve votre démarche fort intéressante et je vais tenter le challenge!
    J’aurai juste une interrogation:
    Comment aborder et réagir face à une personne qui râle et qui m’énerve de par son comportement buté et négatif et surtout fermé! Ainsi que face à une personne qui se plaint et j’ai beau essayer de lui faire remarquer du positif elle reste hermétique et ressasse!
    Merci beaucoup de votre réponse et je voulais vous dire que j’ai commencé le challenge ce matin et déjà je remarque des efforts dans ma communication.
    Belle journée!
    Sev

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  4. JT novembre 4, 2012 à 12:01 #

    quelle bonne surprise de voir ce blog !
    je rentre de Londres après 5 ans d’expatriation… j’avais le mal du pays, mes amis me manquaient bref j’ai décidé de rentrer lorsqu’une opportunité professionnelle c’est présentée.
    voila 2 mois que je vis a Paris et c’est le choc!! tous les jours…pas encore de larmes mais j’ai le cœur un peu lourd. sans sous estimer la période de réintégration nécessaire… je me rends compte avoir perdu beaucoup de mes repères !
    les français râlent ce n’est pas nouveau mais je ne retrouve plus cette énergie « positive » qui pouvait accompagner ce mouvement d’humeur. je m’explique. en Angleterre on ne râle pas vraiment, on utilise plutôt des courbettes relationnelles (parfois très proche de l’hypocrisie) et le consensus mou afin de ne pas froisser. tout cela a pour conséquence un degré d’immobilisme, certes, mais dans le calme. on aime ou on aime pas, moi j’ai trouvé cela pesant.
    j’avais envie de retrouver des gens qui râlent tout en faisant bouger les choses car au moins ces choses étaient dites! c’est du moins le souvenir que j’avais de ma dernière expérience française…
    aujourd’hui je ressens un immobilisme traditionaliste saupoudré de raleries / râleurs, qui je trouve, frustrent la relation, empêchent de bouger et enkystent nos faiblesses.
    je trouve aussi que les râleurs sont devenus très agressifs. peut-être que notre sport national a gravit des échelons pour atteindre le degré très inquiétant de société hyperindividualiste qui ne s’assume pas comme tel !
    voila bon courage dans votre combat que je suivrai de près.

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  5. RitaFlower octobre 27, 2012 à 12:26 #

    Très difficile de mettre tous ces CONSEILS en PRATIQUE.IL y a beaucoup d’hommes et femmes qui refusent d’entendre et se murent alors dans le silence.Plus de communications verbales,plus rien du tout.Qu’est-ce qu’on fait dans ces cas là au juste?

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    • christinelewicki octobre 27, 2012 à 7:39 #

      Oui ce n’est pas simple quand l’habitude de communiquer a disparu et que des murs se sont formés entre les personnes. C’est encore plus dur quand ce statuquo est avec une personne qui nous est proche. Et pourtant il faut choisir quel prix on veux payer… subir le silence et les non-dits ou bien oser essayer de nouvelles manières de communiquer.
      Je ne dis pas que c’est facile… je dis que ça vaut le coup !
      Oser parler de ce qu’on ressent au lieu d’accuser l’autre est déjà une bonne direction pour commencer.
      Bonne chance !

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