Peut on en même temps souffrir et être heureux ?

29 Jan

C’est une question que je me pose ces derniers jours.

Je suis depuis lundi dernier entrain de vivre une grande souffrance avec le décès de ma cousine Julie avec qui j’ai passé de nombreux moments précieux dans mon enfance.
Une femme de 39 ans ( tout juste un an de plus que moi à un jour près) qui suite a une rechute violente du cancer du cerveau a été emportée en quelques jours à la grande surprise de tout le monde, médecin y compris. Elle était maman de trois enfants encore très jeunes.

Voici quelques photos de nous deux pour lui rendre hommage

Ce matin alors que j’étais assise sur un rocher surplombant le canyon (récompense de ma randonnée matinale), je regardais la vue et je pleurais ma cousine. Les larmes coulaient abondamment sur mes joues et je me suis demandée : »Est-ce que cela veux dire que je ne suis pas heureuse ? »

Un part de moi sentait pourtant du bonheur mélangée avec ma souffrance.

J’ai alors pris conscience que bonheur et souffrance n’était pas forcement incompatibles.
Oui je vis un deuil violent, oui je pleure tous les jours, oui je sens que parfois je pourrais me laisser aller à la colère…. et pourtant au fond de cette tristesse règne une paix et je peux la sentir cachée sous mes larmes.
Le décès de Julie me met en face des injustices, des non-sens de la vie et de la violence de la maladie… et pourtant tout cela n’anéantit pas pour autant les beautés et les richesses de la vie.

Je suis dans la souffrance et je reste une femme heureuse.

Cela vous parle ?

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24 Réponses to “Peut on en même temps souffrir et être heureux ?”

  1. CARPANIN mars 16, 2017 à 2:23 #

    Chère Christine, votre histoire me touche tout particulièrement, car suite au décès d’un membre de ma famille, je ne me sens plus vivre de la même façon et c’est comme un manque qui est horrible à supporter… j’ai vécu beaucoup d’épreuve dans ma vie, je me dis que celle là est sans doute, une parmi tant d’autres, et du haut des mes 12 ans je sais que cela ne fait que commencer… mes sincères condoléances, mais n’oubliez pas que même si votre regard ne l’aperçoit plus, votre coeur la sent, et il ne l’oublie pas. Je pense à vous.

    Maé CARPANIN

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    • christinelewicki mars 16, 2017 à 10:57 #

      Merci Maé pour votre message. Moi aussi je pense à vous ! Le Deuil d’un proche est toujours une épreuve et dans cette épreuve nous pouvons vivre des grâces. Je vous envoi un doux câlin virtuel.

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  2. Annab février 1, 2012 à 4:37 #

    Bonjour Christine,
    Je tiens à vous adresser mes sincères condoléances. En lisant votre livre c’est comme si je connaissais une partie de vous et en lisant ce billet j’étais triste pour vous.
    Pour répondre à votre question oui ça me parle, mais pas par un décès plus par des souffrances physiques et morales subies. On peut souffrir à un moment donné pour des épreuves difficiles traversées avec nos proches et en même temps être heureux en reconnaissant ce que la vie nous apporte de mieux. Je l’ai ressenti à une certaine époque.
    Je vous adresse mes pensées les plus sincères.

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  3. guylainesimonegamble janvier 31, 2012 à 6:08 #

    La douleur et l’incomprehension de voir partir soudainement une belle femme avec tout l’avenir devant elle à la fleur de l’age en laissant derrière elle un mari, des enfants, des soeurs, des amis nous et puis aussi des parents…je pleure souvent ma cousine Viviane. L’une de ses soeurs m’a récemment confie qu’elle connait maintenant ce que c’est l’impuissance devant une telle épreuve. Vivre la douleur d’un être cher disparu, on ne peut certainement pas ressentir la douleur d’une maman qui perd son enfant. Chacun doit puiser dans son petit réservoir de vie comme tu fais… toutes mes meilleures pensées pour toi et les proches de ta cousine.

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    • christinelewicki février 1, 2012 à 7:00 #

      J’ai aussi envie de porter l’intention que les enfants auront une belle vie et que la perte de leur maman peux devenir une pierre pour forger les Etres merveilleux qu’ils sont et qu’ils deviendront.
      Le regard qu’on porte sur eux et sur leur avenir est important.

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  4. cacou janvier 31, 2012 à 12:25 #

    Oui ça me parle. Je vous souhaite de garder cette part de bonheur qui permet de rester vivante. Oui, la vie est parfois injuste et à travers vous votre cousine demeure.
    Plein de force et de courage.

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  5. vivresainement janvier 30, 2012 à 1:06 #

    Bonjour Christine,

    J’aimerais pouvoir partager ta douleur…

    Ta question repose avant tout sur la définition du bonheur!
    Le bonheur de vivre c’est d’être en accord avec soi-même et de vivre ses émotions, positives (joies…) et négatives (tristesse, colère, …), librement.

    De ce fait, je pense que l’on peut être « heureuse » tout en étant triste ou en colère. Ces émotions, positives ou négatives, doit être exprimées pour être pleinement ressenties et faire partie de nous : c’est ce que certain appel « faire le deuil » (mais je ne pense pas que cette expression soit bien choisie).

    Les termes « bonheur » et « heureux(se) » sont ambiguës car on pense de fait qu’ils sont composés exclusivement de moment de joie (très naïf comme vision de la vie). Or ce n’est pas le cas. Beaucoup de personnes vivent des situations difficiles (deuil, catastrophe naturelle, séparation, … ) et sont en même temps heureuses! Simplement parce que ces personnes vivent ces situations en accord avec elles-mêmes.

    Une belle leçon d’humanité et d’humilité! 🙂

    Être heureux c’est être soi!

    Cordialement,

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  6. Alexandra janvier 30, 2012 à 10:37 #

    Chere Christine,

    Il l est facile de ressentire cette peine, cette souffrance de perdre un être auquel l on tient. J ai perdu mon cousin ( qui etait comme un frere),il etait si jeune (25 ans) nous avons l impression que notre monde s ecroule et la question du lendemain vivre sans lui nous semble insurmontable. Puis avec le temps la souffrance s attenue mais on n oublie pas et j ai toujours cette pointe au coeur lorsque je pense à lui.
    Toutefois je suis heureuse et je lui montre en prenant plaisir de vivre et se gouter chaque moment de la vie car c est ce qu il aurait voulu.

    Il est clair que votre challenge d arreter de raler vous a permis d acquerir de la sagesse et serenite au fond de vous face aux evenements! Mais peu importe la personne qu elle soit sage, philosophe, nous passons tous par des hauts et des bas et ainsi nous savons reconnaitre et apprecier nos moments de bonheur

    Toutes mes condoleances, que le temps estompe votre douleur.

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  7. Cathy janvier 29, 2012 à 9:30 #

    Bonsoir Christine,

    Le 1er février avec une amie on a décidé de relever le défi des 21 jours sans râler.
    On est sur les starting blocs !

    Pour répondre à ta question, je dirais qu’on peut effectivement souffrir et être heureux.
    J’ai perdu ma mère en novembre et comme toi, je suis passée par la tristesse. Mais pas autant que je l’aurais cru.
    Sa mort m’a plutôt donné l’occasion de sentir tout ce qui nous reliait, mais sur fond de coeur serein. Comme si ça se passait simultanément dans des parties différentes de moi. Je crois que la tristesse n’annule pas le bonheur (ou vice versa), chaque sentiment ou émotion occupe la place qui est la sienne dans le vaste univers que nous sommes.
    La mort de ma mère m’a permis de faire le point et de voir ce qui est important : aller vers la vie et les vivants et garder de la tendresse pour celle qui est partie.

    Je t’en envoie aussi pour franchir ce cap et je t’embrasse

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    • christinelewicki février 1, 2012 à 7:07 #

      Alors ce premier jour ?

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      • Cathy février 6, 2012 à 10:02 #

        Finalement c’était aujourd’hui … ah! la procrastination !
        Un premier jour en douceur : je suis restée chez moi à travailler sans être dérangée, même le téléphone n’a pas sonné.Je n’ai pas dû changer le bracelet de poignet et l’ai presque oublié! Peut-être une ruse pour ne pas me regarder avec toute l’attention voulue … Une contrariété quand même quand j’ai découvert le prix d’entrée d’un salon professionnel où je voudrais aller. Ca a été tellement rapide et fugace que je ne sais plus si je me suis dit « et ben ! » ou « m… alors ! » Demain je me concentre.

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  8. Albert janvier 29, 2012 à 8:51 #

    Bonjour Christine,
    Emmanuelle m’avait fait part du décès de ta cousine, et là, je viens de voir ce billet.
    Oui, ce que tu vis me parle.
    Suite à la mort de mon papa, il y a 7 ans et 5 jours, j’ai découvert que je pouvais pleurer à chaudes larmes tout en souriant. Etre triste tout en ressentant le bonheur.
    Depuis, lorsque des situations de deuil s’imposent à moi, je retrouve ce sentiment mêlé.
    Peut-être cela peut-il être interprété comme une forme d’auto-protection face à des événements douloureux ? Je ne sais pas. Tout ce que je sais c’est qu’il me suffit de sourire en pleurant pour retrouver cette paisible tristesse et traverser en les acceptant ces moments intenses et uniques.
    Je te souhaite à toi et tous les proches de Julie de vivre pleinement cette période de deuil.

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  9. Céline janvier 29, 2012 à 6:48 #

    OUI ça me parle. Vivons encore plus intensément pour honorer les etres chers qui nous ont quittés… et parce que demain ça pourrait etre nous…

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  10. sousleregarddunefemmeblessee janvier 29, 2012 à 6:39 #

    Oui, mille fois oui!
    Il est des périodes dans la vie où tout se mélange! Certains évènements viennent nous bousculer, nous toucher, nous faire nous interroger sur certaines valeurs qu’on croyait immuables. Et pourtant, si on a su nourrir notre être, si on a su garder accordée notre petite musique intérieure, alors on se rend compte que la souffrance est juste une « autre » façon de se sentir vivant, une autre façon de faire vibrer notre cœur, une autre façon de se réajuster à la vie. L’accepter, c’est prendre part à ce qui est vivant en nous. C’est en cela que ça ne peut pas nous couper pas de notre bonheur.

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  11. Biseul Suzana janvier 29, 2012 à 12:56 #

    C’est joli ce que tu as écrit. Je me reconnais dans ce portrait. Bon courage quand même.

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  12. Nathalie janvier 29, 2012 à 10:25 #

    Bonjour Christine,

    Vraiment touchée par ce post sur le deuil qui frappe votre famille et ces jeunes enfants qui viennent de perdre leur maman…c’est une dure nouvelle.

    J’ai envie de répondre à votre question: oui, ça me parle.

    Un moment comme celui-ci est âpre, plein de larmes et de tristesse, c’est le début d’un cheminement, et, en effet, aussi curieux que cela puisse paraître, dessous il y a de la paix, on peut la ressentir. Je dis « on peut » parce que parfois la douleur est tellement aveuglante qu’on ne ressent rien d’autre, et cela peut durer longtemps.

    On peut même, enfin c’est mon expérience, perdre complètement le sens de la paix. Le chagrin, mêlé à la colère, gardés au fond de soi, peuvent devenir écrasants, accablants et transformer une vie en un râlage continu.

    A travers beaucoup de lectures, dont votre livre fait partie, (parmi ceux qui font beaucoup avancer), de rencontres, d’expériences, j’ai fini par comprendre que les émotions violentes que l’on ressent lors de la perte d’un être cher, « avant l’heure », peuvent nous traverser et que l’on reste malgré tout quelqu’un d’heureux.

    J’ai compris autre chose d’essentiel (il était temps): ce n’est pas l’événement qui fait ou défait le bonheur, c’est notre façon de le vivre. Et essayer de faire comme si tout était normal, vouloir attendre que tout soit comme avant en luttant de toutes ses forces est juste contre productif !! Quelle pression, quel stress!

    La vie est ainsi faite, il y a des bons moments, et des moments très raides, des patrons sympa, des managers nuls, des revenus élevés, des mois de disette, des enfants charmants, des mômes pénibles, des vacances top, des séjours ratés, des naissances, des décès, des mariages, des séparations, beaucoup de mauvaises nouvelles dans les médias…et moi, j’étais convaincue que tant que tous le événements ne seraient pas tous positifs, je ne serais pas heureuse. Mais ça ne marche pas comme ça, et, « heureusement » d’ailleurs ;-).

    Accueillir la souffrance est la meilleure chose que l’on puisse faire, lui permettre d’être là, car elle est simplement normale et humaine. Et lui permettre de vous traverser, et trouver, à sa place, la paix toute simple, source du bonheur. Les concepts de la méthode Sedona (que vous introduisez dans votre ouvrage, merci 1000 fois!!) sont très utiles pour cela, il permettent d’entrer en contact avec des désirs profonds et de les relâcher, c’est vraiment un expérience forte.

    Quel plaisir de lire vos billets!! Merci pour ce partage d’un moment fort de votre existence, celui où le désir d’être positif est rudement challengé.

    Et un jour, ne reste que ce sentiment profond de bonheur du temps passé avec l’être cher qui n’est plus là, de la chance toute simple de l’avoir connu, aimé, et d’avoir partagé des moments de vie. Et ça, ça ne part jamais.

    Et la vie est un aventure incroyablement belle.

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  13. Tib' janvier 29, 2012 à 8:26 #

    …toutes mes condoléances !
    Le fait même de prendre le parti d’aller se ressourcer en randonnée au grand air (ce qui est une très bonne chose), prouve la résilience. Et, on sait au fond de nous que cette souffrance du manque affectif est, à différents degrés, ponctuelle… Il y a des souffrances plus durables et cruelles qui peuvent, à mon sens, entraver la réalité de chacun et l’accès au ressentiment du bonheur… Mais tu as raison de le souligner et cela marque ce que tu as traversé avec ta chère cousine, les bons et les mauvais moments liés à la maladie. Que son souvenir t’apporte la paix.
    Encore toutes mes sincères condoléances !

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  14. Caroline janvier 29, 2012 à 8:20 #

    Oh oui, ça me parle. Et la tristesse, le fait d’aller au fond de son deuil, est très important pour qu’il puisse s’accomplir et que la sérénité revienne. Et dans ces moments, se focaliser sur le beau, sur ce qui fait du bien, ça aide!
    Toutes mes condoléances…

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  15. PIEDEL Nathalie janvier 29, 2012 à 8:12 #

    Bonjour Christine,
    Déjà, je souhaitais vous laisser un petit commentaire pour vous dire que je pense fort à vous et à toute la famille de Julie, ainsi qu’à ses amis proches (je fais du bénévolat à St Adjutor aux côtés de Marie-Paule VDC). Je voulais aussi vous dire que lorsque j’ai lu votre livre, je me suis posée la même question car je vis la maladie au quotidien et les souffrances physiques qui entrainent depuis qq temps de nombreuses souffrances morales mais je lutte pour faire au milieu de tout cela une place au bonheur qui ne demande qu’à s »exprimer chaque jour que je vis. Cela fait des années que ça dure et j’ai pris la décision, cette année, de me faire un album de scrap (un de mes petits bonheurs), qui, semaine après semaine, ne parle que des petits ou grands bonheurs que j’ai vécus…interdiction de parler de douleurs, de tristesse ou de souffrance. Non pas que je les occulte mais je vois ma psy pour cela, je médite, je fais des séances de sophro ou relaxation. Bref, je leur laisse assez de place comme cela. Il était donc indispensable que je fasse une place bien concrète au bonheur dans ma vie. Ce projet a des conséquences qui vont bien au delà de ce que j’espèrais car, chaque semaine, je suis a l’affût du moindre petit plaisir ou bonheur qui se présente. La semaine dernière, je me suis nourrie de superbes couchers et levers de soleil. Lorsque les occasions ne se présentent pas spontanément et bien, à moi, de les provoquer et il y a 15 jours, alorsque j’étais assaillie par les douleurs, j’ai emmené ma fille au cinéma pour voir un film comique et nous avons pu ensuite faire qq pas en ville. Assez banal vont peut-être penser certains mais je vous assure que ce fut un immense bonheur paratagé avec ma plus jeune fille. Voici comment j’arrive à conjugeur souffrance et bonheur même si comme toute recette, il y a parfois des semaines un peu moins réussies que d’autres mais l’essentiel est de savoir que c’est possible et que c’est nous qui sommes aux « fourneaux » !!!
    Je vous embrasse et merci pour toutes vos délicieuses réflexions qui font aussi partie de mes petits bonheurs.

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  16. marieben janvier 29, 2012 à 7:48 #

    bonjour christine, ta sérénité est un capital qui dépasse les événements (y compris un deuil aussi violent) mais tu parles de colere, et cette colere fait aussi partie du deuil.

    il ne faut sans doute ni l’étouffer ni la nier.

    Elle est bien naturelle, quand on est confrontée à quelque chose d’aussi injuste.

    c’est un instinct millénaire qui nous constitue depuis la nuit des temps. elle a surement son role dans ce moments là, sinon, elle s’invitera peut etre la où on ne l’attend pas…cette colere…dans ton quotidien, encore plus forte et inatendue.

    cette colere du deuil est peut etre essentiellle à notre condition humaine (car nous sommes les seuls à avoir des notions de justice et la mort est souvent injuste). Pourquoi ne pas l’accueillir et la dépasser ensuite ? elle contribue ainsi à notre équilibre, notre sérénité et notre bonheur.

    Je t’embrasse fort.

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